Retour des pénuries à Cuba

À Cuba, le retour des pénuries dignes des «années grises» Pas d’amélioration avant 2019

Retour des pénuries à Cuba

REPORTAGE – Les Cubains subissent une crise alimentaire qui fait de plus en plus penser à la «période spéciale» qui a suivi la chute de l’URSS.

La Havane

Aux confins des cités de banlieue est de La Havane, Maylin vend des galettes, des petits pains ronds et même parfois des baguettes et des croissants. Depuis plusieurs jours, la boulangerie de la quinquagénaire, un petit garage aux couleurs vives, est fermée. Un panneau maladroitement écrit à la main y est accroché. «Fermé. Il n’y a plus de farine.» Partout, la ritournelle se répète. Cuba ne manque pas de blé importé, mais de moulins en état pour le transformer. Ils sont tous à l’arrêt, faute de pièces de rechange. Pour combien de temps? «Hay que esperar» («il faut attendre»), dit un vieillard désabusé. Un vieux communiste assure que les moulins vont fonctionner incessamment.

La bière nationale a presque disparu des étalages

Attendre, attendre des heures, tel est le modus vivendi d’un pays où le temps s’est arrêté il y a tout juste soixante ans, à la fin de décembre 1958. Les plus pauvres, en général les plus âgés, attendent dans de longues files dans l’espoir que le pain soit de nouveau disponible.

Cuba subit de plein fouet une pénurie de farine, conséquence des pannes que subissent actuellement les minoteries de l’ile.

Pas d’amélioration avant 2019

L’île possède six grands moulins. Trois ont des difficultés de production en raison d’un manque de pièces de rechange. Celui de Cienfuegos (centre), qui fabrique presque la moitié de la farine produite sur l’île, ne recevra les pièces nécessaires que début 2019. Selon la ministre, dès le début de 2018, le gouvernement, voyant que la production nationale serait en baisse, “a dû dégager des financements non prévus pour importer les 30.000 tonnes de farine qui ne seraient pas produites dans l’année”. Le déficit total de farine pour l’année sera finalement de 70.000 tonnes, ce qui signifie qu’environ 40.000 tonnes vont faire défaut. Les entreprises privées, autorisées depuis dix ans, sont également touchées par les difficultés d’approvisionnement.


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