L’hiver québécois s’invite à Cuba

L’hiver québécois s’invite à Cuba

L’hiver québécois s’invite à Cuba

ISABEL AUTHIERLa Voix de l’EstPartagerLe photographe et journaliste Stéphane Champagne aime l’hiver, avec toutes ses tares et ses beautés. Jamais à court de ressources, le Granbyen a eu l’idée, l’an dernier, d’aller montrer l’hiver québécois aux Cubains.

Bien qu’habitués à la forte présence des touristes de la belle province sur leur île, que savaient-ils de la neige et du froid de chez nous ? C’est ce que Stéphane Champagne a eu envie de leur faire découvrir à travers une exposition extérieure, dans laquelle il a entraîné son bon ami Bernard Brault, le réputé photographe de La Presse.

« Qui mieux que Bernard pouvait m’accompagner dans ce projet, lui qui est fou de l’hiver aussi ? », lance Stéphane Champagne.

Du 10 au 14 mars dernier, les deux hommes ont donc séjourné dans la capitale cubaine pour présenter chacun 12 de leurs photos hivernales les plus représentatives. Car l’un comme l’autre souhaitait se tenir loin des clichés mille fois ressassés, pour révéler les multiples facettes de la saison froide, souvent agréables, parfois moins.

On y voit notamment deux hommes pris au piège dans le blizzard, un autre qui déneige son toit, un skieur s’amusant dans la neige poudreuse, un enfant traînant son sapin de Noël frais coupé… À travers ces 24 images en couleur de trois pieds sur quatre pieds, l’exposition se veut un véritable concentré d’ambiance.

Et par souci de compréhension, chaque photo est accompagnée d’une courte mise en situation en français et en espagnol.

Stéphane Champagne et Bernard Brault exposent sur la célèbre Plaza Vieja dans la Vieille Havane jusqu’à la fin du mois.

Stéphane Champagne et Bernard Brault exposent sur la célèbre Plaza Vieja dans la Vieille Havane jusqu’à la fin du mois.BERNARD BRAULT

Site unique

Pour la tenue de son expo, le duo n’aurait pu rêver meilleur emplacement. Mon pays, c’est l’hiver prend place jusqu’à la fin du mois à la Plaza Vieja, en plein cœur du quartier historique de la Vieille Havane.

Avec sa fontaine au centre et son enceinte octogonale en fer forgé, le site — reconnu au Patrimoine mondial de l’UNESCO — était tout indiqué pour mettre les clichés bien en évidence et attirer les foules.

Le public, composé de Cubains, bien sûr, mais aussi de touristes étrangers, a d’ailleurs semblé apprécier le concept, affirme Stéphane Champagne.

« Ils ont eu l’air impressionnés par ce qu’ils voyaient. Ils ont trouvé les photos belles et originales. Et certaines les ont fait rire », dit-il en faisant notamment référence à une image où on voit le visage d’un enfant aux cils givrés par le froid.

De longue haleine

Depuis l’idée de départ, à l’été 2018, jusqu’au vernissage officiel, qui s’est tenu cette semaine, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Il leur a fallu frapper à plusieurs portes et multiplier les démarches. Grâce au concours du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, du bureau du Québec à La Havane et du Bureau de l’historien de La Havane, le projet s’est lentement, mais sûrement, mis en place. D’autant plus que tout concordait pour justifier la tenue de l’événement, à commencer par le 500e anniversaire de La Havane et le mois de la Francophonie en mars.

Imprimées sur du vinyle renforcé et soigneusement roulées dans des boîtes, les photos ont récemment pris le chemin de Cuba, par avion et par voie diplomatique s’il vous plaît !

En quatre jours, Stéphane Champagne et Bernard Brault ont eu droit à une véritable immersion cubaine. Outre l’accrochage des œuvres et le vernissage, ils sont allés à la rencontre d’élèves de l’École de photo créative de La Havane, ont visité les quartiers populaires et même accordé une entrevue sur les ondes de Radio Habana.

Séjour intense

À peine revenu de son court séjour, vendredi, Stéphane Champagne avait encore le cœur à Cuba. Les mots intensité et émerveillement sont ceux qui lui venaient spontanément à l’esprit pour décrire son expérience. « Ç’a été riche à tous points de vue. Les rencontres, les échanges, le partage et le contact direct avec le peuple cubain… Je reviens la tête remplie de belles choses. »

Pour le Granbyen, cette première expérience du genre à l’étranger ne sera sûrement pas la dernière. « Je suis toujours à l’affût de nouvelles possibilités d’exposer… »

Mon pays, c’est l’hiver est présenté à La Havane jusqu’au 31 mars. Les deux photographes ont fait don de leurs œuvres au Bureau de l’historien pour qu’elles s’arrêtent ensuite dans cinq ou six villes à travers le pays.


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