À Cuba retour des tickets de rationnement

À Cuba retour des tickets de rationnement

À Cuba retour des tickets de rationnement.

REPORTAGE – Privé du soutien du Venezuela, Cuba s’enfonce dans une nouvelle crise. Les pénuries alimentaires s’installent. Le régime impose des restrictions.

À La Havane

«Qui est le dernier à attendre pour le poulet?»

Lance une mère de famille de Miramar, un quartier cossu de La Havane.

La jeune femme s’apprête à rejoindre la vertigineuse file d’attente du supermarché «70 y 3», l’un des trois ou quatre «grands» hypers de la capitale, avec ses cinq caisses enregistreuses d’un autre temps.

À Cuba retour des tickets de rationnement

Il est 9h30. Une centaine de personnes font patiemment la queue depuis deux bonnes heures. «Aujourd’hui, il y a des blancs de poulet», confie un grand noir aux bras noueux.

Et dans le magasin?

Bien des rayons sont vides. D’autres linéaires ne contiennent que des jus de fruits ou du shampooing. À l’infini. Voici même, ironie du sort, un immense rayon de biscuits Fitness d’une entreprise suisse.

Plusieurs jours de queue

La capitale cubaine vit, plus que jamais, au rythme du rationnement et des étals vides de nourriture. Aux confins d’un quartier populeux de l’est de La Havane et de Cojimar, là même où Ernest Hemingway taquinait le marlin, trois …

Déjouer la pénurie pour s’alimenter à Cuba

Désormais, un Cubain ne peut plus acheter autant de poulet qu’il souhaite au supermarché. C’est le gouvernement qui réglementera sa consommation de viande. Idem pour le savon.

D’autres produits comme le riz, les haricots, les œufs ou encore les saucisses ne pourront plus être achetés qu’avec une carte de rationnement.

C’est ce qu’a annoncé la ministre du Commerce, Betsy Diaz, qui impute la responsabilité des difficultés économiques cubaines aux nouvelles sanctions américaines sous l’administration Trump.

Mais c’est avant tout la baisse de l’aide du Venezuela qui affecte l’île castriste. L’effondrement de la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA a entraîné une réduction de près de deux tiers des livraisons de carburant subventionné aux Cubains.

Ces dernières années pourtant, La Havane avait utilisé le carburant vénézuélien pour produire de l’énergie et pour gagner des devises. Des devises dont le pays a urgemment besoin, car Cuba importe près de deux tiers de la nourriture consommée par la population.

C’est en raison de ce manque de devises et en absence d’une production nationale suffisante que les pénuries de produits et d’aliments de base se sont aggravées ces derniers mois.


There is no ads to display, Please add some