LES VIEILLES AMÉRICAINES À CUBA

LES VIEILLES AMÉRICAINES À CUBA! Les plus belles photos

LES VIEILLES AMÉRICAINES À CUBA

Outre le soleil et la chaleur, deux autres facteurs d’importance peuvent attirer le touriste canadien à Cuba en hiver : le prix abordable du voyage et, s’il est un mordu de l’auto, ces (pas toujours) belles vieilles autos américaines.

Ce cabriolet Pontiac 1957 avait sa mécanique d’origine dont le V8 de 287 pouces cubes et la boîte auto. Remarquez les petites taches de rouille sous la porte de gauche.

Photo : E.DescarriesCe cabriolet Pontiac 1957 avait sa mécanique d’origine dont le V8 de 287 pouces cubes et la boîte auto. Remarquez les petites taches de rouille sous la porte de gauche.

Mais avant de vous lancer vers l’aéroport, il vous faut savoir quelques petites choses sur ces autos.

D’abord, si vous croyez y trouver la bagnole rétro de vos rêves, sachez que la plupart de ces voitures sont belles de loin, mais, bien souvent, loin d’être belles. Peu, sinon aucune n’a été finie avec les critères que nous connaissons ici. Les artisans cubains ne disposent pas des mêmes matériaux que chez nous, tout simplement.

Et puis, le prix demandé sera certes bien au-delà de ce que vous espérez. D’ailleurs, vous ne pourrez peut-être pas sortir l’auto de Cuba. En vérité, vous pourriez en trouver une semblable en Amérique du Nord en meilleur état et à un prix nettement plus raisonnable.

Vous trouverez certes un cabriolet à votre goût au Parque Central de La Havane, tout près du Capitole !

Photo : E.DescarriesVous trouverez certes un cabriolet à votre goût au Parque Central de La Havane, tout près du Capitole !

Tout cela importe peu, car les vieilles voitures états-uniennes sont une attraction en soi à Cuba.

Il y aurait, selon plusieurs guides cubains, encore plus de 60 000 vieilles autos américaines toujours en fonction à Cuba.

La voiture préférée des Cubains, la Chevrolet 1956 fut aussi l’Américaine la plus vendue des années cinquante dans l’île. Celle-ci a été photographiée devant le bar La Florida de La Havane rendu célèbre par l’écrivain américain Ernest Hemingway.

Photo : E.DescarriesLa voiture préférée des Cubains, la Chevrolet 1956 fut aussi l’Américaine la plus vendue des années cinquante dans l’île. Celle-ci a été photographiée devant le bar La Florida de La Havane rendu célèbre par l’écrivain américain Ernest Hemingway.

On sait qu’après la Révolution de 1959, Fidel Castro ne voulait plus que les Cubains achètent des produits américains, y compris des autos. Plus de la moitié de ces dernières datent donc des années cinquante et la plupart d’entre elles étaient de bas ou de milieu de gamme vu le revenu limité des habitants de l’île. Toutefois, il reste aussi quelques voitures de luxe, surtout des Cadillac, qui ont déjà appartenu à de riches Américains de l’époque.

Vous verrez plusieurs cabriolets Cadillac 1959 rose à Cuba, certains étant d’origine, d’autres ayant un toit découpé. Dans le cas de celui-ci, il s’agit plutôt d’une version limousine devenue un cabriolet…d’un état douteux!

Photo : E.DescarriesVous verrez plusieurs cabriolets Cadillac 1959 rose à Cuba, certains étant d’origine, d’autres ayant un toit découpé. Dans le cas de celui-ci, il s’agit plutôt d’une version limousine devenue un cabriolet…d’un état douteux!

De véritables hybrides

La plupart des vieilles autos américaines que vous trouverez à Cuba sont des voitures hybrides. Non, elles n’ont rien d’électrique (il n’y a pas d’autos électriques sur cette île !). Le terme « hybride » veut dire ici qu’elles ont une mécanique importée d’un autre véhicule, bien souvent un moteur Diesel et une boîte mécanique issus de Lada et d’autres autos soviétiques ou encore asiatiques.

La plupart des vieilles Ford des années trente de Cuba sont des répliques en fibre de verre sur plateforme de Volkswagen. Mais pas ce taxi. Il s’agit d’un véritable coupé Model A de 1930 avec « rumble seat »!

Photo : E.DescarriesLa plupart des vieilles Ford des années trente de Cuba sont des répliques en fibre de verre sur plateforme de Volkswagen. Mais pas ce taxi. Il s’agit d’un véritable coupé Model A de 1930 avec « rumble seat »!

Souvent, c’est avec un peu de difficulté que le moteur réussit à déplacer l’imposante caisse américaine.

On reconnaîtra alors les Chevrolet, Ford ou Plymouth à moteur diesel au son plutôt rauque du moteur ou à son gros échappement qui, en marche, laisse échapper une fumée noire. Ce ne sont pas des diesels modernes.

Pourquoi des diesels ? Parce qu’ils coûtent moins cher à rouler (j’ai entendu parler d’un carburant Diesel « clandestin » qui se vend moins de la moitié du prix du diesel « légal »). Imaginez ! L’essence se vend environ un peso « convertible » (CUC) le litre, mais le Cubain moyen ne gagne que 40 pesos par mois. Remplir (ou presque) un réservoir équivaut à un mois de salaire. Cela explique aussi pourquoi les proprios de ces vieilles autos américaines en font un taxi, ce qui est très payant.

Les Edsel 1958 ne courent pas les rues à La Havane. Celle-ci est un coupé deux portes auquel on a coupé le toit. On en voit d’ailleurs une petite partie derrière le haut du pare-brise!

Photo : E.DescarriesLes Edsel 1958 ne courent pas les rues à La Havane. Celle-ci est un coupé deux portes auquel on a coupé le toit. On en voit d’ailleurs une petite partie derrière le haut du pare-brise!

Vous trouverez la plupart de ces « taxis » à La Havane et dans la région touristique de Varadero.

Autrement, la grande majorité des voitures est un parc de Peugeot (de location), d’anciennes soviétiques (Lada, Zaporozhets, Volga et autres dérivés de Fiat), de Geely chinoises et autres. Il y a aussi quelques vieilles anglaises comme des Ford Consul et Prefect ou des Vauxhall Cresta qui roulent toujours à Cuba.

Cependant, ce que vous verrez le plus, ce sera des Chevrolet, surtout des Tri-Five (1955, 56 et 57), des Ford et des Dodge. Il y aura des Oldsmobile, des Pontiac, des Mercury et quelques Rambler au travers, mais les berlines les moins coûteuses de l’époque y règnent.

Ce cabriolet Ford 1952 vu au Parque Central était original. Ce n’était pas une version à toit coupé!

Photo : E.DescarriesCe cabriolet Ford 1952 vu au Parque Central était original. Ce n’était pas une version à toit coupé!

Et s’il y a encore de beaux cabriolets, notez que plusieurs coupés et berlines ont été transformés en décapotable, ce qui était possible avec ces voitures puisque leur carrosserie reposait sur un châssis rigide. Ça ne pourrait se faire avec des autos modernes et leur caisse autoporteuse.

Dans le cas des camions américains des années cinquante, leur cabine s’est souvent retrouvée sur un châssis de camion militaire russe comme ce fut le cas pour ce Dodge de 1954 ou 55 vu dans la petit ville de Cardenas.

Photo : E.DescarriesDans le cas des camions américains des années cinquante, leur cabine s’est souvent retrouvée sur un châssis de camion militaire russe comme ce fut le cas pour ce Dodge de 1954 ou 55 vu dans la petit ville de Cardenas.

Les camions et camionnettes

Ce qui pourrait surprendre le touriste canadien qui arrive pour la première fois à Cuba, c’est de voir le nombre impressionnant de pick-up GMC Sierra tout récents. Ils appartiennent à des compagnies canadiennes qui aident les Cubains à exploiter le gaz et les mines.

Ces mêmes compagnies se servent également de Ford F-250 et de tracteurs routiers International et Freightliner qui se retrouveront, fort possiblement, aux mains de propriétaires cubains lorsque les compagnies canadiennes en auront fini.  

Donc, si vous allez à Cuba, n’oubliez pas votre appareil photo. Et si vous avez quelques sous à dépenser, réservez une ballade en vieille américaine. Mais ne vous attendez pas à monter dans une auto restaurée à la perfection.

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